ANECDOTES

Mardi 19 août 2008

J'évoque dans l'article précedent consacré à la performance de Christelle Daunay aux JO, le niveau globalement moyen de notre élite Française.
Mais au niveau populaire (le notre), ça va bien merci!
En effet, les classement en temps réels de la FFA montrent que depuis le début de l'année, 1759 hommes et 27 Femmes ont réussi à passer en dessous de la barre oh combien symbolique des 3h00. Alors consolons-nous. Si il ya déficit au sein de l'élite, il y a en tout cas une densité de performance élevée, que beaucoup de pays nous envient.

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Mardi 19 août 2008

Christelle Daunay finit 20ème du marathon olympique. Même si elle se déclare un peu déçue d'échouer au deçà de la 16ème place, permettant d'être finaliste, il faut bien avouer qu'elle aura réalisé une course raisonnable, avec 2 semis courus quasiment au même rythme. Difficile de mieux faire dans un contexte international où le marathon Français n'a plus vraiment sa place. Bien sur, tout le monde (même les hommes), voudrait bien réussir les 2h28'24'' que Christelle a fait à Osaka, battant ainsi le record de France. Mais dans le contexte actuel, c'est peu au niveau mondial, où la gagne sur les grands marathons internationaux se joue autour de 2h20 et où ce chrono représente la 59ème performance mondiale de l'année.
Néanmoins, sur ce marathon olympique, il s'agissait du 20ème meilleures chronos des engagées et Christelle est donc bien à sa place. Par contre, si elle avait récidivé et couru sur ses marques d'Osaka, elle pouvait entrer dans le top 10.
Il n'y a pas de miracle sur marathon. Il faut consacrer énormément de temps à l'entrainement et du temps, nos athlètes n'en ont pas. A quand en France, un véritable statut de professionnels de la course sur route? On peut idéaliser le sport et ses valeurs amateurs, mais quand on veut une élite, porte drapeau d'une discipline, et à même par cette image d'amener des jeunes à renouveler le rang (veillissant-j'en fais partie) des licenciés, il faut s'en donner les moyens. S'il n'est pas facile pour la fédé de salarier des athlètes, peut-être la solution passe-t'elle par ce qui se fait en cyclisme, avec des équipes pro financées par des sponsors. Le Japon a choisi cette solution, et ses marathoniens réalisent de belles performances. Il est vrai que là bas le marathon est un culte et que la télé diffuse régulièrement des courses de toutes distances, assurant ainsi la couverture médiatique, élément clé aujourd'hui de la réussite sportive, par le retour d'audience apporté aux sponsors potentiels. En France, avec pour seule retransmission télé, le marathon de Paris, on est pas près de décrocher ces sponsors potentiels!

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Lundi 18 août 2008

On attendait Paula Radcliffe sur le podium du marathon olympique. Oui mais voilà, le marathon n'est pas une science exacte. Incapable de suivre le rythme, peu après le semi, Paula a même dûe s'arrêter pour s'étirer, victime de début de crampes. Mais pas question d'abandonner. Elle finira son marathon en 2h32 et à la 23ème place, bien loin de son record du monde en 2h15. Mais c'est ça l'amour du sport. Parce qu'il n'y a pas que l'argent en jeu. Il y a tout simplement l'envie de courir. Alors quand vous commencerez, vous aussi, à avoir mal au 30ème kilomètre du marathon, pensez juste à Paula. Et dites vous bien que vous avez une sacrée chance de courir, dans un si beau cadre.

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Mardi 15 juillet 2008

Quand on regarde les statistiques du marathon de la Côte d'Amour, on constate une belle représentation féminine. En effet, il y a depuis 5 ans une stabilité des effectifs avec environ 10% de femmes. Pas mal, diront certains. Trop peu diront d'autres personnes. C'est peu, effectivement, puisqu'au regard des statistiques de la population Française, il devrait y avoir autant de femmes que d'hommes à courir. Mais c'est aussi un bon chiffre si on se penche sur l'histoire de la course féminine, et qu'on découvre ce que fut le parcours du combattant que durent mener certaines pour juste avoir le droit de courir.

Alors, à l'heure où les courses féminines se multiplient, un petit rappel historique s'impose.

 

UN SIECLE DE COMBAT

Les textes historiques gardent en France la mémoire de quelques grands évènements festifs, au cours desquels des courses féminines furent courues. On retrouve ainsi trace dès 1168, d'une course féminine organisée lors de la foire de Beaucaire. En 1400, en Italie, les courses de Vérone étaient célèbres pour ses courses de chevaux, d'ânes.... et de femmes !

Mais il faut attendre 1886 pour relever les premiers textes modernes relatant des courses féminines, avec les 2 heures d'Atlanta (USA) et la victoire de Melle Landell qui accomplira un peu plus de 20 km.

En 1895, le 1er meeting d'athlétisme féminin est organisé par le Vassar collège de New york... loin des regards masculins.

En 1896, une Grecque nommée Malpomène fait scandale en demandant à participer au marathon olympique. Refusé, bien sur. Mais qu'à cela ne tienne, elle réalisera toute seule la distance de Marathon à Athènes en 4h30. Et le lendemain du marathon olympique, une autre Grecque, Stamathia Rovithi, fera quant à elle le circuit seule en 5h30.

Le 25 octobre 1903 est une date importante pour la course à pied en France. Le journal du Petit haut marnais organise le 25 octobre une grande course féminine entre Paris et Nanterre sur 12km. Cette course, réservée aux midinettes (les ouvrières en confection Parisiennes ainsi surnommées parce qu'elles partent à midi faire dinette autour de leur atelier), va accueillir 2500 femmes ! Enorme peloton de coureuses en jupon qui s'élança à 11h30 de la place de la Concorde, au milieu d'une cohue de fiacres et des chevaux, sous l'œil amusé des Messieurs.

Mais il faudra attendre 1917 pour que les 1ers championnats de France d'athlétisme voient le jour avec entre autres un record de France sur 400 m en 1'06''.

En 1921, le 1er meeting international féminin est organisé à Monaco, sous l'impulsion de la Fédération Sportive Féminine Internationale. Mais de participation de l'athlétisme féminin aux JO, il ne saurait en être question pour notre cher Baron De Coubertin.

Du coup, le 20 août 1922, la FSFI lance les premiers championnats du monde d'athlétisme féminins au stade Pershing à Paris, avec l'appellation JO féminin. Renouvelé en 1926, l'épreuve ne sera toujours pas reconnue par le CIO et il faudra attendre 1928 et la fin de la mainmise de Coubertin sur l'organisation pour que 5 épreuves féminines soient acceptées (100m, 800m, 4x100m, hauteur et disque). Devant les commentaires acerbes de certains journalistes et athlètes machistes, « on » estimera que les femmes ne devront pas courir sur plus de 200 mètres, sous peine d'épuisement !

Les JO féminins perdureront ainsi jusqu'en 1938, date à laquelle la FSFI accepta l'idée d'une intégration aux « vrais JO », avec un programme plus étoffé (mais toujours pas plus de 200m hein ! les filles).

1948 couronnera notre 1ère championne olympique Française, Michèle Ostermeyer (disque et poids).

Il faut attendre les années 1950 pour que la course à pied commence à se féminiser. Ainsi en 1950, une femme obtient avec peine le droit de courir Sedan-Charleville, mais en partant 30mn avant les hommes (pas de mélange SVP). Des femmes prendront le départ des courses Françaises qui commencent à éclore ici ou là, mais en se déguisant en homme.

1967 : Kathrine Switzer est la première femme à participer au marathon de Boston, déguisée en homme. N'étant bien sur pas autorisée à courir, il faudra toute la force de son mari pour empêcher les commissaires de l'arrêter. Elle sera du coup exclue de la fédération Américaine d'Athlétisme.

1972 : Cocorico, la toute première référence chronométrique officielle sur la distance du marathon est Française. Le 29 octobre 1972, 3 femmes dont Katy Switzer, une allemande et une Française, Ingrid Schoving, sont autorisées à courir le marathon de Neuf brisach. Cette dernière s'imposera en 3h16'13''. Mais rien n'est acquis et à Sedan-Charleville, Michelle Baudein doit courir encadrée d'amis afin d'échapper à la vigilance des organisateurs. L'année d'après, c'est Chantal Langlacé qui prend le départ de cette course, toujours anonyme. Raymonde Cornou participera elle aussi à de nombreuses courses, en faisant le coup de poing avec les organisateurs et les commissaires, juste pour avoir le droit de courir. Vous y penserez, quand vous lui rendrez visite dans son magasin "la boutique marathon" à Paris.

Accompagnant le grand mouvement des coureurs à pied qui revendiquent un esprit de liberté, à l'inverse des pistards et en guerre avec la Fédération qui voit à l'époque dans la course sur route la mort de l'athlétisme traditionnel, ces pionnières Françaises vont participer en 1974 en Allemagne au premier championnat du monde officieux de marathon. En octobre, à 20 ans, Chantal Langlacé devient recordwoman du monde de marathon avec un excellent chrono de 2h46'24'', avant d'améliorer cette marque en 1977 avec 2h35'15''.

Mais il faudra attendre 1980 pour que les femmes soient admises au Championnat de France de marathon, et 1984 pour les JO. Ouf, quel long combat!

En 1980, Chantal Langlacé établit la meilleure performance mondiale sur 100km en 7h27'22 !

Considérée comme la pionnière du Marathon féminin, 3 titres de championne de France ont ponctué sa carrière sur 25km route en 1986 et Marathon en 1982 et 1984. Détentrice d'un record de France en salle sur 3000m en 1983, elle collectionne 6 meilleures performances françaises sur Marathon et 1 sur 100km route. Elle décrocha 2 meilleures performances mondiales sur Marathon en 1974 et 1977 avant que ces performances sur route prennent l'appellation de record.

Et l'évolution des records est spectaculaire. Alors que les hommes ont eu pile un siècle pour gagner 51mn (John J. Hayes au JO de Londres en 1908, premier marathon officiel sur 42.195km- Hailé gebresélassié marathon de Berlin en 2007 - 2h04'26''), les femmes ont, en 31 ans déjà gagné 1h01 (Ingrid Schoving à Neuf brisach en 1972 - 3h16'13'' contre Paula Radcliffe à Londres en 2003 - 2h15'25'').

Voilà. Aujourd'hui les courses exclusivement féminines se développent. Nos midinettes de 1903 sont bien loin. Mais ne retombons pas dans le chacun chez soi. Mesdames, prenez le départ de toutes les courses. N'ayez pas peur de vous retrouver au cœur de pelotons qui réservent toujours un vrai espace de respect, loin des images de machisme et de brutes développées dans d'autres sports.

Car un siècle de combat ne suffit pas. Il y a encore des sportives interdites de pratique dans des pays du monde !

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Lundi 27 août 2007
On sait que les Bretons ont, de tout temps, été de grands explorateurs, repoussant sans cesse la limite des mondes connus. En matière de course à pied, la même volonté anime certains organisateurs.
C’est ainsi qu’est née ce week-end la montée du phare d’Eckmül, qui fêtait à l’occasion ses 110 an s. Au menu 302 marches en contre la montre. Bon, moi je l’ai fait en promenade, j’en avais compté 290 mais je n’étais déjà plus lucide au bout de 100. Alors imaginez en courant.
Coup de chance, il a fait beau. Il devait faire bien chaud à l’intérieur de cette spirale infernale. Résultat : Corentin Tanné de Quimper athlé l’emporte en 1mn 02’’ 22. L’ont suivi 70 autres courageux et un dernier coureur en 3mn54. La première féminine est 30ème en 1mn 20. Bel exploit, et méthode d’entraînement à appliquer pour tout ceux qui habitent en plaine et veulent réaliser une bonne séance de côtes. Tout le monde n’a pas la chance, comme nous, de posséder un phare tous les 5km, mais en ville, pensez à toutes ces grandes tours de 12/15 étages qui vous attendent. Heureux citadins qui avez repris tristement le chemin de la ville. Le voilà votre nouveau terrain de jeu. Bon, ne dites par aux syndics de copropriété que c’est nous qui vous avons suggéré  cette idée un peu folle.
 
phare.jpg
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Dimanche 12 août 2007

Dès le lancement du marathon, nous souhaitions tracer une ligne bleue, symbolisant la trajectoire idéale. Facile à dire ! Mais 42km de peinture, ça ne rigole plus. Heureusement nous avons un mesureur ingénieux. Après de multiples essais, nous avons pu trouver la formule idéale. Le passager d’un scooter, assis à l’envers sur le siège, tient une canne à tracer équipée de la bombe de peinture.

Mais il faut suivre la trajectoire de course. C’est donc un véritable dispositif de sécurité qui se met en place devant le traceur. 2 motos ouvreuses, une voiture d’intendance (eh oui, une bombe, c’est 700 mètres maxi. Il faut donc 60 bombes pour le marathon), et une voiture pour fermer la marche.

Tout ça pour une petite trace de 5 cm de large, mais oh combien réconfortante pendant la course.

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